L'AIKIBUDO
L'AIKIBUDO est un art martial
d'ascendance japonaise qui puise ses origines de la pratique
guerrière des samouraïs du Japon féodal. Il
est l'héritier d'une longue tradition qui témoigne
de l'histoire et de la culture nippones. Les connaissances
relatives à cet art ancien ont été
conservées et sont parvenues jusqu'à nous
grâce à certaines écoles --dont celle du
Daito-Ryu Aikijujitsu-- qui les ont transmises de
génération en
génération.
Un des
objectifs de la pratique de l'Aikibudo est de contrôler un
éventuel adversaire en recanalisant sa propre
énergie. On utilise alors l'impulsion
suggérée par l'adversaire lui-même pour
l'amener en déséquilibre et lui faire subir une
technique qui l'empêche de poursuivre son attaque ou
même de songer à une éventuelle riposte.
L'Aikibudo comprend des techniques de projection,
d'étranglement, de contrôle du partenaire ou de
l'adversaire, en travaillant notamment sur les articulations.
L'apprentissage de l'Aikibudo implique également
l'étude de Katas, soit ces formes d'action
pré-déterminées dont la
répétition entraîne l'adoption de
réflexes corporels pertinents à la pratique
libre.
Historique de
l'Aikibudo au club Hakudokan par Raymond
Damblant
«C’est en 1960 que
j’incorpore, à la fin du cours de Judo que je dirige
au Club Hakudokan de Montréal, une petite demi-heure
d’Aiki, sur une base volontaire. Pour beaucoup,
c’était une discipline nouvelle voire
étrange. À cette époque,
j’étais ceinture marron (ikkyu), grade obtenu
à l’issue d’un stage dirigé par
maître Tadashi Abé, à Biarritz en 1956.
J’avais débuté cet art lors d’un stage
dirigé par maître Minoru Mochizuki, lors de son
séjour en France en 1953. Ainsi, malgré mon
engagement dans la discipline du Judo, j’ai toujours
trouvé un petit moment pour poursuivre la pratique de
l’Aikido.
Après être
demeuré six ans sans retourner en France, je décide
en 1966 de faire un stage à Royan, où les deux arts
étaient au programme. Le Judo était dirigé
par maître Awazu, que je connaissais bien et qui m'avait
beaucoup appris. L’Aiki était dirigé par
maître Seban et Mochuzuki fils. À la fin des 3
semaines de stage, on me demanda de me présenter à
l’examen de 1er dan, que je réussis. Dès mon
retour au Québec, je décide d’enseigner
l’Aiki mais sur une base plus structurée, en
fondant une section autonome. Les débuts furent
très difficiles: 4,5,6 adeptes. En 1968, je décide
d’abandonner l’Aiki pour me consacrer
entièrement au Judo où mes fonctions me prenaient
beaucoup de temps. Je prévoyais pourtant un grand essor
pour cet art nouveau. Mais la conjoncture a eu raison de mes
bonnes intentions à l'époque.

En 1971, de retour d’un stage en France, Monsieur Edmond
Wawrziniak, membre du Dojo dans la discipline Judo, me faisait
part de sa "piqûre" pour l’Aiki qu’il a vu
pratiquer! Je saute donc sur l’occasion pour lui
aménager un horaire et la section Aiki a pu
redémarrer sous sa direction. Je faisais un petit tour au
cours de façon sporadique. Pour lui aussi, les
débuts ont été difficiles, mais il avait du
temps à donner et beaucoup
d’enthousiasme!
J’ai
eu la chance de pouvoir pratiquer l'Aiki avec un japonais 3e dan
et un belge 2e dan, à des heures un peu étranges:
22h ou bien 6h du matin, au gré de nos
disponibilités respectives. En mai 1975, M. Wawrziniak me
fait part d’un projet de stage amenant Maître Floquet
en terre québécoise; je supporte
l’idée à 100% et me promets d'y prendre part.
Hélas, mes fonctions de directeur de compétition
des Jeux 76 ne m’ont pas permis de
"m’échapper". J’eus toutefois le plaisir de
rencontrer Maître Floquet et un projet de stage en fin
d’année fut lancé, avec l’espoir que
mon horaire me permettrait d’y prendre part, ce qui fut le
cas. C’est à ce moment que je constate que
maître Floquet pratique un Aiki qui m’emballe
littéralement. Je débute alors un cours de jour et
M. Wawrziniak assure le cours du soir.
Sensei Raymond Damblant
(années '60)
À
compter de cette période, nous avons pu entrevoir un bel
avenir pour notre section Aiki. Les deux premières
ceintures noires venaient d’être
décernées par Maître Floquet, et
d’autres ont suivi en 1978. Hélas, en 1979, pour des
raisons personnelles, M. Wawrziniak doit abandonner les cours du
soir et je dois donc assumer la totalité des cours d'Aiki.
Heureusement, mon ami Edmond n’a jamais abandonné et
a toujours fait son petit tour, apportant son support à
toutes nos activités, et je l’en remercie
sincèrement.
Que de
chemin parcouru depuis cette époque de
débroussaillages! Tant de membres du Dojo ont
été promus ceintures noires et plusieurs
d’entre eux ont ouvert des sections. Certains ont
aujourd’hui des fonctions importantes, tant au sein du Dojo
que dans la structure qui chapeaute l’Aiki. Leurs
grades s’échelonnent du 1er au 5e dan. De plus, le
Kobudo de style Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu est bien
implanté à l’intérieur des cours
d’Aikibudo. Maître Floquet dirige chaque année
un stage dans le cadre de l’association (AAKQ). Plusieurs
personnalités ont également dirigé des
stages au cours de la petite histoire du dojo: les Maîtres
Mochizuki Minoru, Sugino Yoshiho et Hatakeyama Goro, ainsi que
Maître Lionel Le Franc, Paul Patrick Harman, Gérard
Clérin, André Tellier et plusieurs autres. Le Dojo
est très souvent visité par les membres qui ont
ouvert leur propre Dojo et à ce titre, le Club Budo de
Montréal est considéré comme le Hombu Dojo
de l'Aikibudo pratiqué au Canada.» (Raymond
Damblant)
Le kobudo de style Tenshin
Shoden Katori Shintô Ryu
Cet art est dû à un valeureux
guerrier du nom de IIZASA IENAO. Né en 1387 à
Iishino, près de la ville de Katori, dans la province de
CHIBA, en pleine période MUROMACHI, il était au
service du seigneur de la province, issu du clan Chiba.
D'après les renseignements qui sont parvenus
jusqu'à notre époque, il aurait aussi
été, durant une brève période de sa
vie, maître d'armes du Shogun Ashikaga
Yoshimasa.
Le Kobudo (Ko : ancien et Budo :
art martial) est, comme son nom l'indique, un art martial ancien.
C'est une école d'armes traditionnelles comme le Katana
(sabre japonais), la Naginata (hallebarde), et le Bo (bâton
long).
Voulant se rapprocher des sources
les plus pures des arts martiaux japonais, maître Floquet a
suivi l'enseignement du grand maître Yoshio Sugino, 10e dan
de l'école Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu.
Le Katori Shinto Ryu est une
école vieille de plus de 650 ans. Près de
vingt-cinq génération de maîtres y ont
enseigné. C'est une des rares écoles de sabre qui
est considérée trésor national culturel par
le Ministère Culturel du Japon.
L'enseignement, basé
essentiellement sur des formes ou kata, nous apprend les gestes
et techniques utilisés par les samurai.
Qu'il s'agisse du Iaïdo
(l'art de dégainer le sabre), du Ken-jitsu (combat au
sabre à deux), de la Naginata Jitsu (sabre contre
hallebarde) ou encore du Bo-Jitsu (bâton contre sabre),
l'apprentissage des frappes, des esquives et des contres nous
apprennent la pureté et l'économie du geste, la
concentration, tout en étant un exercice qui fait
travailler tout le corps. Souvent partie intégrante dans
les cours d'Aikibudo, le Kobudo du Katori Shinto Ryu se pratique
aussi de manière indépendante, sous la supervision
de professeurs qualifiés.
Encore une fois, nous sommes
régulièrement visités par maître Goro
Hatakeyama, 10e dan, véritable samourai des temps
modernes qui vient annuellement du Japon pour nous visiter et
nous prodiguer son enseignement. Il est à ce jour un des
rares élèves à avoir suivi l'enseignement de
Maître Yoshio Sugino et il fut son assistant pendant de
nombreuses années.
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